Rechercher dans ce blog

dimanche 31 juillet 2011

Réponse (non lue) à Madame Pécresse concernant la dette

LeMonde.fr publiait hier un article de Valérie Pécresse (ici), l'actuelle ministre du Budget, expliquant que la réduction de la dette devait respecter cinq conditions :


- Reconnaître que la réduction de la dette passe par la réduction des déficits
- L'objectif de 3% du PIB pour le déficit doit être atteint pour 2013
- La lutte contre les déficits devra se faire dans le respect des règles du pacte de stabilité
- Poursuivre la maîtrise des dépenses publiques
- Voter la règle d'or : que l'équilibre budgétaire soit une obligation inscrite dans la Constitution


Il y a beaucoup de choses qui me gênent dans ce texte. La première, c'est que Madame Pécresse semble oublier une composante de "l'équation de la dette", à savoir les recettes. 
Rappelons donc que la dette est la conséquence de la somme des déficits budgétaires, qui eux mêmes sont le résultat de l'équation Recettes - dépenses = déficit budgétaire. Chaque année fiscale, on reporte sur la dette globale le déficit budgétaire de l'exercice.


Or, ce que dit Madame Pécresse dans sa première condition, c'est qu'il ne faut pas compter sur les recettes pour réduire la dette, mais bien uniquement sur la réduction des dépenses. Il est sûr que lorsque l'on fait partie d'un gouvernement qui crée des niches fiscales, l'argument consistant à dire qu'il faut miser sur des recettes accrues semble un peu démagogique. 
Seulement voila, les niches fiscales "coûtent" -puisqu'il s'agit bien souvent d'un cadeau fait aux plus aisés- 100 milliards d'euros (en 2010 : Source); certes toutes les niches parmi les 504 ne sont pas mauvaises, mais l'on pourra se questionner quand même sur la TVA réduite chez les restaurateurs, sur le bouclier fiscal, sur la réforme de l'ISF (voir l'article d'Alternatives Economiques).
LeMonde.fr donnait un article intéressant sur les niches fiscales (voir l'article). Il l'accompagnait d'une présentation graphique particulièrement intéressante nous venant de l'INSEE, celle de la variation des déficits budgétaires et de la dette depuis 1981 : 




Cela m'a rappelé un article de l'économiste Thomas Piketty, qui expliquait certains phénomènes, notamment l'accroissement de la dette et des déficits budgétaires sous les gouvernements de droite. Pourquoi, alors que ceux-ci prônent généralement l'orthodoxie budgétaire, voit-on, aux USA ou en France, les déficits se creuser sous un gouvernement de droite : cela participe en fait à une stratégie de désengagement de l'Etat. En creusant de manière artificielle le déficit en réduisant les recettes, le gouvernement se donne sa propre justification sur l'extrême besoin de réduction des dépenses publiques, et justifie ainsi le retrait de l'Etat dans la vie économique du pays (lisez plutôt). Cela ne vous rappelle-t-il pas la situation actuelle ?


Je vois le tissu social de notre économie complètement détricoté, avec un retrait programmé du service public dans à peu près chaque ministère. La solidarité implicite qu'il y avait dans le contrat social français disparaît peu à peu. Et la cinquième condition donnée par Madame Pécresse voudrait inscrire ce "chacun pour soi" dans la constitution. 


Non seulement je ne partage pas l'idée de la France et des valeurs qu'il y a derrière cette proposition, mais en plus elle s'avérerait particulièrement contre-productive : Valérie Pécresse et notre Président nous proposent brillamment de nous lier les mains comme nous l'avons fait en signant un traité de Maastricht dogmatique (l'article). Nous imposer un équilibre budgétaire, c'est nous empêcher de pouvoir avoir recours à une politique budgétaire de dépenses dite "de relance". Imaginons simplement que la crise connaisse un nouveau plongeon, et que nous ayons voté cette brillante idée. Qu'adviendra-t-il d'une politique, qui, comme le dit Madame Pécresse justement, a évité à la France un marasme plus profond que celui d'autres pays européens ?


Bref, Madame Pécresse, merci de nous faire la morale, mais s'il vous plaît, évitez de nous prendre pour des idiots.

vendredi 29 juillet 2011

De la motivation

Ca y est, j'ai ouvert un blog. Le test sera probablement difficile, mais d'un autre côté, j'en ressens un besoin profond.
Ces derniers mois ont été marqués par une série de mesures, d’évènements, de faits et de doutes qui me poussent aujourd'hui à aller au pupitre. Non pas qu'une quelconque intervention de ma part y change quoi que ce soit, mais plutôt le besoin de savoir si d'autres pensent comme moi, et d'échanger sur des sujets qui me paraissent importants.


Entre la nomination de Mario Draghi à la tête de la BCE, qui n'est rien d'autre qu'un beau doigt d'honneur au visage des grecs, et la prime exceptionnelle votée par nos chers sénateurs, je me dis que le monde politique, européen ou français, est en passe de devenir une "caste" bien à part, au dessus des lois, au dessus de la convenance, et bien loin des difficultés que connait une population soumise à toujours plus de rigueur et d'austérité.


De plus en plus, j'entends prononcés les mots "tous des pourris", et je vois les plus jeunes se détacher complètement de la politique. Le peuple perd sa confiance dans le système politique, et accepte, avec défaitisme le principe d'une gouvernance sur laquelle il n'aurait plus voix au chapitre. 
Non seulement cette attitude est dangereuse, parce qu'elle ouvre la voix au laxisme démocratique dont parlait Tocqueville, mais elle est contre-productive. Les décisions à prendre maintenant requièrent courage et détermination. Pas de populisme ou d’électoralisme. Pas une protection du pouvoir acquis dans les plus hautes sphères. C'est le système entier qu'il faut réformer, qu'il faut replacer entre les mains d'un peuple qui a perdu ce qui lui revient de droit.


Les dernières parutions vont dans ce sens d'une urgence démocratique : entre "Indignez-vous !", "Engagez-vous !" et les interventions de philosophes comme Pierre Rosenvallon, on peut sentir que le climat est à l'inquiétude sur les conditions d'exercice de notre démocratie.


Mon but à travers ce blog est de poser certaines questions, de commenter certains faits, et de proposer une humble revue de presse sur les interventions que je trouve intéressantes.