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mardi 9 août 2011

Pourquoi l'intervention en Libye est importante - pourquoi nous devrions aussi aller en Syrie


Le 17 Mars dernier, Alain Juppé donnait un discours prônant une intervention en Libye, à travers des arguments pour le moins émotionnels et moraux. Au delà des critiques actuelles du PS (l'article) ou de différents partis politiques, je suis persuadé que cette intervention est une bonne chose, qu'il faut poursuivre les opérations, et qu'il est regrettable que celle-ci soit mise en défaut en partie du fait des coupes budgétaires.

Beaucoup considèrent cela comme de l'ingérence. C'est un argument en effet recevable, et tout à fait compréhensible. Mais je suis de ceux qui considèrent que c'est un devoir pour les nations démocratiques de venir en aide à un peuple voulant se défaire d'un joug totalitaire. La situation en Libye s'est compliquée avec le temps, la population loyaliste ayant rendu floue la proportion de citoyens supportant Kadhafi : le principe d'intervention repose bien pour moi sur un appel à l'aide de la majorité d'un peuple. Si les rebelles ne représentent plus une majorité, alors notre intervention serait idéologiquement compromise. C'est bien là tout le problème : comment évaluer la proportion de soutien ou de rebelles dans un pays comme celui-ci ? Pour autant, fermer les yeux sur les exactions d'un tyran sur un peuple opprimé reste intolérable.

Même si la situation n'était pas la même, les Etats-Unis ont bien vu le jour grâce à une aide de la France - comme quoi une démocratie peut naître d'une révolte armée. Pourquoi ne pas transposer cela au printemps arabe ? 

Je pense qu'il y a des devoirs moraux auxquelles les nations ne peuvent se soustraire. Si un peuple appelle à l'aide, il est nécessaire qu'on lui réponde favorablement. Je trouve profondément intolérable de regarder des peuples être opprimés dans le sang et de ne pas intervenir. Cette forme de démission n'est-elle pas une forme de complicité ? En tout cas en droit civil, la non-assistance à personne en danger est bien considérée comme telle.
L'intervention en Libye s'est faite dans le respect des règles du droit international, avec une approche des plus intelligentes : certains préconisaient une intervention couverte, c'est-à-dire par exemple fournir des armes aux rebelles. Cette méthode me semble trop sombre pour respecter le besoin de droiture nécessaire à une telle intervention. Le fait que l'intervention soit aux yeux de tous une intervention transparente évite qu'elle ne puisse être amalgamée à de l'ingérence.
Sur cette base, je pense aussi que l'OTAN, sous couvert d'une opération validée par l'ONU, devrait intervenir en Syrie. Je sais que peu sont favorables à de telles interventions.

Je ne peux cependant qu'être désolé de voir que nos interventions risquent d'être stoppées du fait des politiques budgétaires d'austérité.

3 commentaires:

  1. Le problème étant que la frontière est mince entre "aider un peuple à se libérer d'un joug totalitaire" et aider une tribus dominée à se soulever pour reproduire le phénomène inverse...

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  2. @Methedras : tout à fait d'accord, et c'est bien la difficulté pour tenter de vérifier si l'intervention est moralement justifiée : ce n'est pas toujours la majorité qui fait le plus de bruit.

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  3. Est-ce vraiment une question de majorité/minorité?
    Si une majorité opprime une minorité, c'est bon et si c'est l'inverse on intervient?

    Il y a un grand danger à vouloir imposer les droits de l'homme à une autre culture. La meilleure façon de savoir si un peuple est fait pour ce que nous considérons comme un standard, il faut peut être voir s'ils arrivent à l'instaurer par leurs propres moyens.

    En revanche: il est peut être plus difficile de faire la révolution contre des chars que contre des fantassins de 1789...

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